Quand on se penche un tant soit peu sur la "trace" que nous a laissée un film, on peine souvent à mettre en mots les mouvements d'angoisse, d'amusement, de satisfaction, de haine, de mépris, d'empathie, de dégoût... pourtant bien ressentis pour un personnage, une souffrance, une situation, un destin, un acte. On ne cesse, face à une histoire comme face à l'autre réel, de s'identifier, de percevoir des affects liés à l'autre et à soi, et tout cela inconsciemment (pourquoi faire simple...?). Analyser, entendre pourquoi on admire Robert alors que Maurice nous horripile est infiniment complexe. Le pourquoi du comment des liens réels se montre plus crypté qu'une chaîne payante en deuxième partie de soirée (ça n'existe plus? Donc, je deviens moi-même vieille). Mais au cinéma, le décodage me semble plus accessible. Pas "d'enjeux" affectifs directs, le personnage est fictif, on ne partagera pas son repas, son journal voire son lit avec lui. On peut alors d'offrir le luxe de penser le pourquoi d'une larme, d'un fou rire, d'une colère. Polisse est un film fabuleusement riche de sens. De sens des rapports entre hommes, dans une équipe qui vit dans l'urgence, et qui dit urgence dit souvent pulsionnel, violence des mots et de leur absence, "coups" et "blessures" indélébiles. Parvenir à entendre la vie affective de ces hommes et femmes pour la porter à l'écran est signe d'un travail de titan, d'une maîtrise de l'autre dans ce qu'on en comprend, une maîtrise de soi pour ne pas se laisser déborder par ses propres ressentis bruts, ses représentations, son histoire personnelle qui peuvent déformer la réalité d'une situation. Polisse frappe fort dans l'explicitation du Travail de l'homme vers l'homme dans toute sa complexité et son manque de reconnaissance. Arriver à son poste avec ses blessures pour panser et penser celles de l'autre, relève d'une lutte quotidienne pour ces personnages sous tension(s). Et il est bon de voir  de telles mises en sens et en questions d'un métier, d'un contexte social en crise(s), dans un film très intelligent, qui, sans caricaturer n'édulcore pas les abus, problématiques, incohérences de la société d'aujourd'hui. Un mot des acteurs, tous brillamment investis et justes, mais une admiration particulière pour Marina Foïs. A mon tour de m'identifier à un détail ou plus, peut-être, peu importe. Son jeu m'a littéralement scotchée sur place, et je m'arrête là parce qu'encore trop étourdie par l'impact de cette hypothétique inquiétante étrangeté (amis Frediens, bonjour) pour en discuter. Bon, je digresse, mais j'étais venue vous parler d'un carrot cake, enfin DU carrot cake (issu du livre "Un goûter à New York" de Marc Grossman), parce que cette recette c'est un peu comme un Bon film, on peut travailler chaque sensation, manger pour le plaisir et pour nourrir sa réflexion (si si), surtout déguster.

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Recette pour un moule à cake assez haut

Ingrédients liquides :

240g de carottes râpées (poids net)

8 cl d'huile de tournesol (12 dans la recette, moi j'ai diminué et ajouté 1 càs de jus d'orange)

130g de sucre roux

Le zeste d'une demie orange

1 càc de vanille liquide

4 oeufs

3 càs de jus d'orange

 

Ingrédients secs :

Une bonne pincée de sel

240g de farine

2 càc de levure chimique

1 demie càc de noix de muscade en poudre

1 càc de poivre noir

30g de noix hachées

30g de raisins secs

2 càc de cannelle

 

Glaçage:

60g de beurre ramolli

100g de philadelphia (ou St Moret)

50g de sucre glace

 

Préchauffer le four à 175°. Mélanger au fouet les ingrédients liquides dans un grand bol, vivement. Dans un autre bol, mélanger les ingrédients secs, ajouter ce mélange au précédent dans trop travailler la pâte. Beurrer et farine un moule à cake standard mais aux bords assez hauts (8-9cm). Au four 45 minutes (la pointe d'un couteau enfoncée dedans doit ressortir sans morceaux de pâte). Laisser tiédir et refroidir sur une grille.

Glaçage :

Mixer beurre, fromage et sucre au robot (lame en S) ou au petit fouet (mais c'est plus difficile), pour avoir un mélange lisse. Étaler le glaçage avec un couteau à beurre ou spatule, réserver une heure au frais pour que le glaçage prenne.

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Déguster!